Ben Mazue

General Motors n’est plus le numéro un aux USA

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Un coup de tonnerre. Voici en tous mots ce à quoi ont assisté les habitants du pays de l’oncle Sam au début de l’année 2022 lorsque l’industrie automobile a, comme à son habitude, dévoilé les chiffres de vente et les leaders du domaine pour l’année échue. Pour cause, le constructeur historique américain, pourvoyeur d’immenses véhicules et propriétaire de marques comme Chevrolet ou Cadillac, n’est plus le plus grand vendeur de voitures sur le sol américain. 

Les Américains les plus patriotiques auront de plus, bien remarqué que pour mettre fin à cette hégémonie datant depuis 1931 pour la firme de Détroit, ce n’était pas un autre constructeur national, mais bien un étranger qui avait dépassé la marque établie par GM

En effet, pour la première fois de son histoire, le plus grand vendeur de voitures à travers la planète, Toyota, est également devenu maître sur le sol américain. Un grand coup réalisé par le constructeur nippon, synonyme d’une stratégie commerciale exceptionnelle. 

Une stratégie offensive envers les Américains 

Les amateurs de mécaniques et d’automobiles ont souvent reproché à Toyota leur sobriété et leur manque d’excitation. Peut-être encore plus aux États-Unis, où le seul fait de posséder un véhicule peut être, dans certaines régions et États, une raison valable pour y exposer des détails scintillants et sortants du commun. Une donnée fréquemment offerte par les SUV et autres pickups de General Motors, s’il ne fallait citer qu’eux. 

Si ce bond au classement américain ne pourrait être qu’un exploit singulier et qu’il est fort probable que GM retrouve son rang – nous y reviendrons – cette stratégie destinée au marché américain depuis plusieurs années reste une réussite pour Toyota qui plus, que son classement, se soucie davantage de son implantation à long terme sur le continent nord-américain. 

Il est vrai qu’à l’instar de joueurs de poker émérites, les dirigeants de Toyota ont, depuis plusieurs décennies, su adopter les stratégies adaptées à leur terrain de jeu pour devenir une référence, également en dehors du continent asiatique. 

En pleine reprise économique, le marché américain, acheteur en 2021 de 14,9 millions véhicules, ne va cesser de se relancer dans les prochains mois. Au plus grand plaisir de Toyota, mais aussi de General Motors ; puisque comme le dit si bien l’adage, « lorsque l’automobile va, tout va » ! 

Une augmentation mondiale et américaine pour Toyota

Après avoir récupéré en 2020 le titre honorifique et sans cesse échangé avec l’Allemand Volkswagen de « plus grand fabricant de voitures au monde », Toyota a continué sur sa lancée en 2021, et ce, malgré une pénurie de puces électroniques touchant encore à ce jour de plein fouet le secteur de l’automobile. 

Malgré une baisse de 28% des ventes dans le dernier trimestre 2021, Toyota a vu ses ventes augmenter de plus de 10% sur toute l’année. Une différence majeure avec son concurrent principal sur le sol américain qui a pour le coup, perdu 13% de son chiffre de vente sur cette même année. 

Avec une stratégie basée sur l’hybride et l’électrique à court terme, Toyota va tout faire pour continuer de charmer la classe moyenne américaine ou celle plus huppée, par exemple avec ses modèles de Lexus, populaires depuis plusieurs décennies sur le sol américain. 

Pas de panique pour General Motors 

S’il n’est que désuet, la perte du titre pour GM reste une surprise majeure. Jamais depuis 1931 et le gain de celui-ci par rapport à Ford, son concurrent national principal encore à ce jour, l’entreprise n’avait perdu son rang. 

Toutefois, le groupement dirigé actuellement par Mary Barra n’a pas de réelle inquiétude quant à son avenir sur son propre sol. Globalement, les habitants restent fidèles aux marques du groupe et semblent, selon une étude du magazine Automative News, solidement attachés aux modèles de ces constructeurs. 

Les pickups et SUV restent légions outre-Atlantique et avec un choix conséquent au sein de ces gammes, y compris sur la motorisation, GM pourrait retrouver son rang, dès l’année prochaine. 

 

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